
Zoubir CHATTOU
Président
le droit à un environnement sain est inscrit dans la résolution des Nations Unies de 2010 et dans la constitution marocaine de 2011, comme un droit fondamental de l’Homme. Cette importance devrait logiquement affecter les politiques publiques nationales, régionales et locales. Ce projet de plaidoyer DAAM4, s’inscrit dans la continuité de la recherche-action, DAAM1, porté par l’association Ifker, intitulé « Effets de la dégradation des ressources environnementales sur les conditions d’existence des populations locales dans la zone de Moulay Idriss » (2018). Parmi ses résultats, la dégradation de l’environnement contribue directement à la détérioration des conditions de vie des habitants, entache l’attractivité économique de la ville de Moulay Idriss (à proximité de Volubilis, site archéologique, classé patrimoine mondial de l’UNESCO), et accentue la paupérisation des ménages. Cette dégradation affecte particulièrement les femmes et les jeunes (chômage, migrations, pauvreté…)
La Loi n° 28-00, relative à la gestion des déchets du 22-11-2006, annonce clairement dans son article premier, que son objectif est de « (…) prévenir et de protéger la santé de l’homme, la faune, la flore, les eaux, l’air, le sol, les écosystèmes, les sites et paysages et l’environnement en général contre les effets nocifs des déchets ». Elle incombe cette responsabilité aux collectivités territoriales. Or, depuis ces 15 dernières années, la commune de Moulay Idriss Zerhoun continue d’être le principal pollueur et agent de dégradation des sols et du cadre de vie des habitants. La gestion des déchets n’occupe pas une place stratégique dans les plans d’action communal (PAC) et provincial (PAP), malgré les engagements nationaux et internationaux du Maroc en matière de développement durable
L’association Ifker a acquis une reconnaissance, suite à son action concertée de mise en œuvre des projets DAAM depuis 2018 et au portage d’un projet de création d’un Parc naturel. Elle a été interpellée par les élus sur plusieurs questions relatives à l’environnement urbain et au massif du Zerhoun. La crise COVID19 a été un élément déclencheur de cette prise de conscience politique, notamment suite à la mobilisation des acteurs locaux.
Le problème de la gestion des déchets est le résultat, entre autres, d’une gestion aléatoire, précaire, anarchique, sans aucune vision entrepreneuriale citoyenne pouvant faire de la problématique des déchets une opportunité créatrice d’emplois, de compétences et de bien-être social, sanitaire et environnemental. Cependant, les gestionnaires de la ville manquent de connaissances et compétences en ingénierie de gestion durable des déchets. L’enjeu est de les impliquer dans un projet de plaidoyer inclusif à travers la production d’outils, d’approches et d’innovations qui contribuent aux changements de la situation actuelle en cherchant des solutions dans des échelles qui dépassent le cadre communal.
Ce constat a été renforcé par un court stage d’étudiants au sein d’Ifker sur la question des déchets à Moulay Idriss. Ils ont montré que les déchets organiques, pouvant être recyclés en composte pour l’agriculture familiale, représentent 72% de la composition globale. Ils ont relevé que les élus n’ont pas une connaissance scientifique de la filière, ne disposent pas de suivi régulier des déchets et n’ont aucune visibilité sur les possibilités de valorisation économique et organisationnelle de la filièr

Notre objectif principal est de porter, au niveau local et provincial, un plaidoyer pour une meilleure prise en compte de la gestion globale des déchets dans les politiques et stratégies de transition écologique et de préservation de l’environnement dans les PAC/PAP. Trois objectifs spécifiques découlent de cet objectif général : 1. Veille environnemental et sociale (cartographie interactive, production de résultats scientifiques et d’impacts…). 2. Sensibilisation et mobilisation social (livre blanc, cahier de doléances, etc.). 3. Activation des mécanismes de la démocratie participative (sensibilisation des amicales de quartiers en veillant à l’implication des femmes, des jeunes et des enfants, pétition, co-construction d’une stratégie communale concertée, ouverture innovante pour une gestion intercommunale des déchets par la création d’un centre de transfert…). Le projet consolidera, dans la durabilité, un consortium d’acteurs pluridisciplinaires et multi-institutionnels (Elus, ONG, privé, centres de recherche, formation à la recherche, journalistes, administration publique …)
Le changement souhaité est plutôt de favoriser un dialogue citoyen pluri-acteurs en relation avec l’axe stratégique des déchets, débouchant sur la recherche de solutions adaptées au contexte social, institutionnel, juridique, géographique et climatique régional. Ceci nécessite des changements des comportements, attitudes et pratiques de l’ensemble des acteurs concernés (habitants, élus, ONG, autorités et collectivités locales, provinciales et régionales)
Ce projet s’inspire de l’expérience passée (DAAM3) et prend en compte les risques (COVID19) qui peuvent entraver sa mise en œuvre dans les 8 mois prévus